Caricatures et sacrilège


    La démocratie n’est pas dans la nature de l’homme ; elle est le fruit d’une culture. Loin d’être partagée, elle s’exclut de celles qui déterminent l’identité des autres sociétés humaines et, par conséquent, est incompatible avec le sort réservé aux individus qui les constituent.

    Affubler Mahomet d’un couvre-chef explosif est-il plus sacrilège que de se faire sauter en invoquant le Miséricordieux au milieu d’une fête de mariage ? Les ulémas jeteurs de fatwas sont les premiers à trahir de façon grossière la parole d’Allah car s’il est dit que nul ne peut retrancher ni modifier un élément du texte de la révélation, n’est-il pas tout autant blasphématoire de prétendre agir en son nom ? pire, d’interrompre une vie dont il est le seul maître ?

    Quand un mot ne figure pas dans le vocabulaire d’une langue c’est que ses locuteurs n’en conçoivent pas la signification, donc l’usage. Ça n’est pas parce que des linguistes distingués le “naturalise”à partir de l’idiome en question qu’il prend le sens que nous lui attribuons. Il en est ainsi du mot “démocratie “.

    La démocratie a, pour ennemis naturels, les théocraties. Il n’y a, face à cette réalité que deux attitudes à avoir : combattre ou ignorer. Je choisi la première car l’ignorance ne suprime pas les risques. Rien ne ressemble plus à un totalitarisme qu’un autre. Le führer ou l’ayatolah partagent la même obsession : la mort du moindre atome de liberté. Mais cette liberté est fortement compromise quand son champion se nomme G.Bush. Peut-on qualifier de démocratique une société capable d’infliger la torture ou même la peine de mort à un homme qui l’attend depuis vingt-cinq ans, au bout d’un couloir ?

    Il faut choisir son camp. Les monarchies pétrolières se sont étrangement gardées d’une réaction radicale. Que restera-t-il de leur poids diplomatique dans cent ans ? Si tous les médias avaient repris, d’un bel ensemble, les caricatures incriminées, l’occident aurait affirmé sa cohésion face au fanatisme. En lieu et place, on assiste à un numéro de contorsionniste illustrant parfaitement la veulerie de nos politiciens. C’est promis ; à l’avenir la liberté de la presse passera par l’autocensure.

    Ne comptez pas sur nous pour que nous en fassions autant.

    Merde aux intégristes de tous bords !


Le collectif du GDU.