Laïcité : Un Combat Permanent
Cela fait maintenant un peu plus de deux
siècles et demi que les cinq républiques
françaises se prévalent du principe de
laïcité. Cela fait autant de temps que les differentes
confessions jouent de leur influence et de leur poids électoral
pour infléchir insidieusement ou très ouvertement cette
volonté. De par la séparation de l'Etat des Institutions
Confessionnelles, la France est, c'est du moins l'image qu'elle donne,
l'une des rares démocraties laïques du monde. Nos chefs
d'état n'invoquent pas dieu en préalable à leur
discours, les crucifix n'ornent pas nos salles de tribunaux,
l'instruction religieuse n'est pas obligatoire et les différents
clergés, à l'exception de l'Alsace-Lorraine, n'ont aucune
ingérence institutionnelle dans les établissement
d'enseignement public.
Ce tableau idyllique ne correspond pas, hélas ! à la réalité.
On assiste, en fait, à un grignotage sournois des espaces
traditionnellement réservés à la
laïcité.
Au fait, c'est quoi, au fond, la laïcité
? La laïcité, c'est le respect de la liberté de
pensée pour chacun, pour peu qu'elle ne porte pas atteinte aux
lois de la République ; ça n'est donc pas une prise en
charge totale ou partielle des institutions confessionnelles, qu'elles
soient caritatives ou prosélytes.
C'est aussi une philosophie active animée par
le souci d'éduquer à l'autonomie responsable et au
solidarisme citoyen. C'est l'enseignement et la diffusion d'une morale
républicaine qui ne doit rien à celle des églises
et des sectes, institutions qui n'ont fait que récupérer
des valeurs déjà répandues au sein des
différents modèles de sociétés humaines.
Mais le souci premier de la démarche laïque est de
contribuer à développer l'esprit critique pour qu'un
maximum d'individus puisse exercer un droit fondamental : la
liberté de pensée ; cette liberté étant
inséparable du droit d'accéder aux connnaissances et
à toutes les sources d'information.
Pour ceux qui la combattent, c'est le sectarisme antireligieux, pour
beaucoup d'autres c'est une tolérance tous azimuts. Le Grand
Devoir Universel désapprouve avec la même vigueur ces deux
concepts antinomiques.
L'enseigement privé confessionnel, en mettant
à profit la loi du contrat d'association s'est ancré dans
le paysage scolaire en rendant accessible à un plus grand nombre
l'entrée dans ses établissement, le tout servi par une
campagne visant à convraincre les familles qu'elles y trouveront
pour leurs enfants la garantie d'une qualité pédagogique,
un niveau d' étude élévé et la base d'une
éducation aux valeurs morales. Or, si dans certaines de ses
institutions le personnel enseignant fait preuve d'un dévouement
proche d'un esprit de vocation pour atteindre des résultats
convenables, la majorité de ses écoles, confrontée
aux mêmes problèmes de sociétés que
l'Education Nationale, n'est guère plus performantes.
Cependant, le prosélytisme y fait son oeuvre
et les mêmes qui crient au scandale, quand des opinions
différentes des leurs sont exposées à leur
enfants, n'hésitent pas à leur inculquer leurs
convictions religieuse et politiques via des techniques parfaitement
dignes des lavages de cerveaux. Entrer un concept X à des
enfants de quatres ans via des images et la pratiques de la pâtes
à modeler ou emmener des gamins jouer aux trappeurs avec le
même objectif relève d'une technique
éprouvée par des régimes tristement
célèbres.
Au regard de la realité présente, nous pouvons affirmer
que la nature de notre Etat n'est pas laïque et en avons pour
preuves la liste des questionnements suivant :
- Pourquoi un ministère des cultes ?
- Pourquoi des
cérémonies religieuses à caractère national
avec représentation des Corps Constitués ?
- Pourquoi des subventions au monde associatif confessionnel ?
- Pourquoi des établissements d'enseignement sous contrat ?
- Pourquoi des aumôneries de lycée avec aménagement d'horaires ?
- Pourquoi le maintien du statut religieux de l'Alsace-Lorraine ?
- Pourquoi les visites
officielles au Vatican et leur réciproques, le
Saint-Siège n'étant pas un Etat ordinaire. Idem quant au
Dalaïlama.
- Pourquoi la mise à
disposition des réseaux radios et télévisuels
d'état pour la diffusion des divers cultes et
évènements relatifs aux dites pratiques :
messe dominicale sur France 2 et France-Culture, prêche de
carême radiodiffusés depuis Notre Dame de Paris, Office
Orthodoxe, Office Protestant , Culte Israëlite, Culte Islamique,
etc ... L'état ignore-t-il donc ou feint-il d'ignorer les moyens
médiatiques dont disposent déjà les lobbies
religieux ?
QUAND LE DOGME TIENT LIEUX DE VERITE, LA LIBERTE, ET DONC LA LAICITE, NE SONT PLUS
L'affirmation maintes fois
répétées de notre indépendance à
l'égard des partis politiques ne nous interdit pas de soutenir
l'initiative de certains de leur membres quand leur combat rejoint le
nôtre. C'est ainsi que le GDU partage en la matière les
convictions et l'engagement de Monsieur Jean-Luc Mélenchon dans
la reconquète de l'espace-laïque.
P.Selosse
Grand Maître du Grand Devoir Universel