Quand on évoque la Maçonnerie, d'aucuns, dont
aussi certains Maçons,
assimilent sa démarche à celle de l'Alchimie
opérative, son cortège de
mystères, de formules cabalistiques fumeuses et
compliquées à souhait
avec, en prime, cette saveur de transgression qui accompagne l'homme
dans ses tentatives de transmutation, or la seule matière
vulgaire
qu'il soit donné aux Maçons de travailler est
leur propre personne dans
sa totalité et sa complexité.
Il est communément admis
qu'avant de donner naissance à la
Maçonnerie moderne, issue des Constitutions du pasteur
Anderson en
Angleterre, au XVIII° siècle, la mouvance
Maçonnique plonge ses racines
dans la plus haute Antiquité. Sans qu'il soit possible
d'établir des
liens de filiation avec une civilisation plutôt qu'une autre,
il est
plus que probable que les connaissances technologiques souvent
confondues avec les pratiques métaphysiques et cultuelles
aient suscité
l'existence de sociétés détentrices de
secrets ayant le souci de les
transmettre à des profanes qu'il fallait initier.
Symboliquement, on situe l'origine de la
Maçonnerie à la
construction du Temple de Jérusalem par Salomon. En
réalité, elle doit
beaucoup aux sociétés initiatiques de
l'Antiquité et du Moyen-Age qui
cherchaient, au moyen du langage symbolique, à
élucider le mystère de
l'existence du monde et la place de l'homme dans l'univers. La
transmission individuelle du savoir par les Maîtres
architectes à leurs
disciples, avant la création d'écoles
d'architecture, a fortement
contribué à la sacralisation du savoir. Il en est
de même du
compagnonnage. Les bâtisseurs de cathédrales ou de
forteresses,
sollicités par les pouvoirs religieux et civils, prirent
trés vite
conscience de leur propre puissance. Dès l'aube du
XII° siècle, ils se
constituèrent en franc-métier, affirmant ainsi
leur indépendance à
l'égard des servitudes féodales. La symbolique
Maçonnique leur doit ses
principaux outils.
Des sources bibliques et
légendaires aux emprunts fait aux
cabalistes comme à ceux des ordres templiers, le tout
fortement marqué
par des structures corporatives, la Maçonnerie s'est
constituée un
corpus hétérogène dont
témoignent les connotations cultuelles et
cérémonielles de ses Rituels. Totalement
dominée jusqu'à la fin du XIX°
siècle par le dogme déiste, elle en porte encore
les stigmates. Au gré
des convictions profondes ou des ambitions personnelles, de nombreuses
Obédiences en ont diversifié les voies. Elles se
démarquent entre
elles, au delà des convictions métaphysiques, par
leur appartenance
plus ou moins rigoriste à l'un des deux grands courants
Maçonniques :
le Spéculatif plus spécifiquement
préoccupé de la quête individuelle de
ses membres.
L'Opératif prenant en compte
un monde considéré comme profane et
dont la matière est à transmuter dans un esprit
de progrès. L'état
présent du monde et les incertitudes de l'avenir justifient
pleinement
l'existence de la Maçonnerie. Ce constat est d'une
éternelle actualité
comme l'est la nécessité pour
l'humanité d'asservir son génie
créateur
aux seules fins d'un progrès matériel et moral
vécu par tous, unique
solution pour échapper au chaos.
Dans cette quête
millénaire, le courant Maçonnique propose aux
hommes et aux femmes de bonne volonté, d'œuvrer
ensemble à cette tâche.
Le point fondamental qui distingue la Maçonnerie,
à la fois des
méthodes introspectives quant à la
quête individuelle, et des
mouvements caritatifs ou socio-politiques quant à
l'implication
sociale, tient dans l'existence et l'utilisation d'un Rituel.
A noter toutefois que l'esprit des
Constitutions du dit pasteur
Anderson qui définissait la Maçonnerie comme
"centre d'union et moyen
de conclure une sincère amitié parmi des
personnes qui n'auraient
jamais pu, sans cela, se rendre familières entre elles."
plaçait en
exergue l'incontournable existence d'un dieu unique et fustigeait
l'athéisme. Cela explique l'inévitable scission
ayant, entre autre,
contribué à la création de la
Maçonnerie laïque principalement
représentée par le Grand Orient de France.
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