Comprendre n’est pas partager
Il faut en finir avec cette “tarte à la
crême” sans cesse resservie au menu des
obédiences sous le nom de tolérance, rance est bien
l’adjectif qui convient. Nous sommes bien placés pour
savoir qu’il n’en est rien. Le verbe
“tolérer” est un terme péjoratif à
caractère condescendant. L’ouverture d’esprit laisse
à désirer. Le tri se fait à
l’intérieur des loges où la cooptation joue son
rôle de tamis. Ainsi existe-t-il des loges phares, lesquelles ne
jouent pas la carte de la diversité. On s’y reçoit
entre gens du même monde et il est gratifiant d’y
être invité, maçon ou pas, lors de tenues blanches
pour y intervenir ou y entendre la parole d’un ministre ou
d’une “lumière” intellectuelle dont nous ne
contestons pas, d’ailleurs, la qualité. Nous avons
déjà attiré l’attention sur les
dérives corporatistes du système. Nous n’y
reviendrons pas. L’écoute de l’autre ne conduit pas
obligatoirement au partage de ses idées. Leur prêter
attention est toujours profitable du fait
qu’elles nourrissent le débat et, si
nécessaire, la
contestation. Et nous osons le dire : jusqu’à la rupture.
Nous réaffirmons que le consensus est la vérole de notre
société. La diplomatie en est l’illustration
majeure au nom de laquelle des peuples entiers crèvent par la
non-interventions des puissances.
Atermoiements criminels de peur de fâcher l’autre et
surtout, crainte de perdre des marchés ou des voix à
l’ONU. Ce qui est présenté comme une qualité
est en réalité une tare. De retour de Munich, Edouard
Daladier pleurait de honte alors que la foule inconsciente
l’acclamait.
Nous n’avons cure de passer pour sectaires en
professant un athéisme militant plutôt que de laisser
croire à une compatibilité quelconque. Est-ce à
dire que nous méprisons les croyants ? Nous ne sommes tout
simplement pas sur la même longueur d’onde. Eux
considèrent la vie comme une étape préparatoire
à celle d’un au-delà et nous, nous voulons la
justice au présent. Donner à manger pour faire des
adeptes c’est bien sûr assister les déshérités mais
c’est aussi, à nos yeux, une démarche
malhonnête.
Nous sommes partisans d’une totale
laïcité où chacun reste à sa place dans
l’espace qu’il s’est choisi. Force nous est de
constater le recul de cette dernière dans les concessions
multiples faites par la République. Que ne fait-on pas pour
avoir la paix sociale !
Nul ne pourra jamais dire qu’il nous a rejoint
sur un quiproquo. Nous savons que nous ne sommes pas politiquement
corrects mais c’est parce que nous n’avons jamais
été pour le mariage de la carpe et du lapin, lesquels
étant chacun au demeurant fort délectable.
Naturellement, tout cela ne contribue pas au
développement rapide de nos effectifs. Du moins avons nous
l’avantage qu’offre une véritable cohésion
sur le chantier. Nous ne faisons pas pour autant l’impasse
concernant le fait religieux. Nous comprenons fort bien que les neuf dixièmes de l’humanité
soient plus ou moins étroitement inféodés à
des religions et des philosophies culturellement acquises. Nous les
étudions comme faisant partie intégrante de
l’histoire humaine. Croire ou non est, jusqu’à
nouvel ordre, avec le rire, le propre de l’homme.
Le collectif du GDU