PLANCHES ET TRAVAUX
Un Mal Endémique : Le Racisme.
Une éternelle actualité.
En matière de conflit, quels
que soient les motifs invoqués, la notion simplificatrice de
race finit toujours par alimenter l'agressivité des
combattants de la base. Guerriers des premiers âges ou
soldats d'aujourd'hui, tous sont plus ou moins habités du
mépris ethnique de l'ennemi.
Le délit de "sale gueule"
n'est pas une invention nouvelle. Il y a fort à parier qu'un
homme de Néanderthal eut écrasé de sa
massue le visage de l'Appolon d'Athènes comme ce dernier
l'eut transpercé de son javelot sous l'effet de
l'insupportable différence. La Byzance orthodoxe avait son
quartier réservé aux étrangers
à Galata, sur la rive asiatique du Bosphore tout comme les
grandes villes de Chine délimitaient les concessions
étrangères dont le principe était
conforme à la politique millénaire de l'empire.
Il suffit de franchir les
frontières "frileuses" de certains états pour ne
pas douter de la pérénité de l'esprit
de méfiance.
Justifier les Dominations.
L'idéologie dominante d'un
état trouve toujours moyen d'argumenter les mesures
discriminatoires prises en politique interieure. De même,
elle affirmera comme légitime l' expansion territoriale en
invoquant la survie de la communauté nationale ou la
défense des valeurs d'une culture qu’elle fait
sienne et qu’elle considère comme
supérieure aux autres. C'est l'éternelle histoire
des pogromes et des annexions. Le Drang nach Osten commencé
par les Chevaliers Teutoniques, l'intégration de l'Autriche
et des Sudètes ainsi que des minorités allemandes
disséminées aux portes de l'Europe Centrale sont,
en la matière, des figures d'école. Le
Pangermanisme a eu, dès ses origines, le Panslavisme en
réponse, sous l'égide successive des Polonais,
des Russes, des Serbo-croates et des Bulgares. Les Hongrois et les
Roumains s'en souviennent.
Que l'on songe au destin du Sud-Est
Asiatique si la Chine était soudainement prise du
désir d'englober la diaspora chinoise !
La France, sous la Première République et le
Premier Empire, ne s'est pas privée d'annexer la Wallonnie
et les Cantons francophones de la Suisse.
L'Italie Mussolinienne a fait de même à Trieste au
nom de la sauvegarde de la minorité italienne. Et ne
voyons-nous pas actuellement la Grèce revendiquer le
territoire de la République de Macédoine au nom
d'Alexandre le Grand ?
Populisme et Démagogie.
Quelle que soit l'époque et
le lieu, l'étranger a toujours été
tenu comme responsable des malheurs de l'ethnie dominante. Chinois
d'Indonésie, indiens de Madagascar, Juifs sous les
régimes totalitaires, tout nous ramène aux
Animaux Malades de la Peste de Jean de la Fontaine, que cette peste
soit brune, noire, rouge ou d'une autre couleur. La Chine des empereurs
et celle de Mao y ont ajouté, en les exaltant
alternativement, l'intellectuel et le manuel chargés, tour
à tour, d'endosser la livrée des coupables quand
le pouvoir était en difficulté.
Culture et Développement Technologique.
Au sein d'une culture, la part de la
technologie n'est qu'une composante. Les croyances, l'organisation
sociale et la communication, l'expression artistique, la
sexualité sont autant d'éléments
constituants de l'identité des groupes humains, sans
critères numérique, des derniers indiens
Yanomamis de Guyane aux masses Nippones qu'on entasse aux heures de
pointe en les comprimant à coups de gants blancs dans le
métro de Tokio.
Cependant, les premières
écritures nous révèlent les jugements
péjoratifs émis par les
sociétés techniquement supérieures
à leurs voisines. Souvenons nous des récits de
voyages des premiers découvreurs relatant les coutumes des
peuples rencontrés. Ils étaient vus à
travers le regard conceptuel des hommes du seizième
siècle européen.
Considérés comme
sauvages par ceux qui les massacraient allègrement pendant
que leurs semblables, restés au pays,
s'étripaient tout aussi farouchement au nom d'une religion
d'amour, les peuplades Amérindiennes, suçant la
moëlle des tibias de leurs ennemis, n'avait que faire des
bienfaits de notre monde. Et ce ne sont pas,
hélàs ! les condérations humanistes de
Montaigne qui purent infléchir l'horreur de l'Histoire.
Parce qu'ils ignoraient notre savoir,
ils étaient méprisables et renforcaient la haute
considération que nous avions de nous. Ainsi
était- il de bon ton, sous la Régence et Louis
XV, chez les dames qui fréquentaient la cour et les salons
d'y paraître entourées de petits singes et de
négrillons. Sans remonter si loin, le "Oui Missié
" de la Revue Nègre des Années Trente sentait
plus le "Y a bon Banania" que l’égalitarisme.
Couleur de peau et symbolisme.
La malchance de l'Afrique est d'avoir
été la proie de peuples dont
l'interprètation chromatique vouait la couleur noire au
monde inférieur des forces du mal. Il n'en fallait pas plus
pour faire de ce continent le plus grand vivier d'esclaves qu'on ait
jamais connu, fusse aux plus grandes heures de Rome. Ceci me
remémore la réflexion de l'humoriste Luis Rego :"
Vous les Français, pourquoi vous nous méprisez
alors que c'est nous, les Portugais, qui avons les premiers
traité les nègres comme vous traitez les Arabes ?
"
Les Peuples Elus.
La notion de peuple élu n'est
pas un monopole de la culture Juive. La propagande allemande
prétendait aussi que le III° Reich était
investi d'une mission et, dans un état où l'on
faisait peu de cas des églises, on arborait toutefois " Gott
mit uns " sur les boucles des ceinturons.
Quelle fabuleuse mais dangereuse
trouvaille que de s'annexer Dieu, le vrai, l'unique et
d'établir avec lui des rapports contractuels ! Ceci explique
aussi que le Judaïsme ne fut jamais une religion messianique.
La dispersion qui suivit la destruction
du Temple de Jérusalem par Titus n'eut pas les
conséquences des pérégrinations des
disciples de Jésus.
Pour Israël, l'histoire du
monde n'était que la chronique d'un peuple et celle de ses
démélés avec Dieu, tout le restant lui
est périphérique et profondément
étranger. Le Sionisme, qui n'a tenu aucun compte des
aléas humains de l'histoire, n'a retenu que
l'interprétation des Rabbis prônant le retour
physique dans un espace réel. L'affirmation constante et
obsessionnelle de ce retour aux sources a fini par confondre le notion
de peuple et celle de territoire dans une entité sous le
terme générique d'Israël.
Qui n'a pas saisi les liens interactifs
entre l'homme Juif et la Bible ne comprendra jamais rien à
ses tribulations.
Dans les trois religions dites " du
Livre", seul le Christianisme a progressivement distingué,
sous la pression constante du temporel, la législation
divine de celle des hommes. La Bible et plus tard, le Coran sont et
seront à la fois Révélation, Code
civil et Almanach du quotidien. Comment n'auraient-ils pas
marqué, au fil des siècles, les structures
mentales de leurs tenants ?
Fanatisme Idéologique et Race imaginaire.
Cela nous conduit tout naturellement
à la notion de culture. Or, l'étranger n'est-il
pas autant défini, si ce n'est plus, par la
différence qui émane de sa culture que par
l'originalité de sa morphologie ? Qui y at-il de moins
étranger à un Serbo-Croate qu'un Bosniaque ? Le
fait d'avoir été islamisé sous
l'occupation Ottomane n'a pas été facteur d'une
mutation génétique chez l'habitant de Tuzla.
" L'ennemi Turc
était étranger; il était musulman.
Après son départ, les habitants de Bosnie sont
restés en majorité musulmans, donc les Bosniaques
sont des étrangers. "
C'est au nom de ce lamentable sophisme
que l'on a procédé à la purification
ethnique dans
l' ex - Yougoslavie. En réalité, ils
n'ont fait que retrancher la chair de leur chair.
De l'intérêt des Etudes
Généalogiques.
Evoquer la pratique des
études généalogiques c'est
très communément faire surgir la caricature du
noble qui tient à légitimer sa noblesse et celle
du roturier qui s'en cherche une. C'est aussi maintenant une forme de
quête historique individuelle ou familiale tendant
à compenser l'incertitude angoissante de l'avenir par
l'identification des racines : savoir ce qui fut,
à défaut de connaître ce qui sera.
La généalogie
servit aussi au National Socialisme pour distinguer le soi-disant Aryen
des races de sous-hommes. La notion de germanité fut
pourtant conciliante avec le corps des officiers de la Wehrmacht dont
beaucoup paradaient sous des noms français qu'ils avaient
hérités de leurs ancêtres Huguenots
venus chercher en Prusse la liberté religieuse que leur
refusait Louis XIV. Et je vous ferais grâce pour les noms
d'origine polonaise, hongroise ou tchèque.
Le mouvement anti-raciste manque de maîtrise de soi et de
lucidité. Refusant d'étudier le
phénomène, il lutte contre un comportement qu'il
ne comprend pas et se trouve, par conséquent, dans
l'incapacité d'élaborer une stratégie.
Il ne suffit pas d'affirmer
qu'on est contre quelque chose pour en supprimer les effets.
Le militant anti-raciste moyen
éprouve une aversion quasi pathologique à
mobiliser certaines sciences, qu'elles soient dites exactes ou
humaines, au service de la cause, sous prétexte qu'elles
furent utilisées par d'autres pour justifier les
thèses racistes. C'est aussi immature que de refuser
découter la musique de Wagner sous prétexte
qu'Hitler s'en servait.
La recherche
généalogique systématiquement
employée, non pour démontrer une quelconque
pureté d'origine mais, au contraire, rappeler en
permanence le brassage éthnique dont nous sommes issus,
suffirait à ridiculiser, en la discréditant, la
moindre vélléité de racisme. Les
pantins exités, présents ou à venir,
verraient leurs auditoires fondrent à vue d'œil.
Il est temps de considérer,
dans sa permanence, le phénomène social du
racisme pour qu'il soit l'objet d'une étude
méthodique incluse à la fois dans l'enseignement
de l'histoire et dans les programmes d' éducation civique.
Il est tout aussi grand temps que les
hommes politiques qui se définissent comme
démocrates ne cherchent plus, dans les poubelles, les voix
de leur électorat.
Origines des Cultures.
Le fait culturel, selon nous, ne
dépend que deux facteurs. Le premier étant le
même pour tous et qui tient aux caractéristiques
organiques et fonctionnelles du cerveau humain ; le second
étant relatif, donc protéiforme, aux conditions
géo-climatiques. Pasteurs nomades des plaines, montagnards
reclus ou populations maritimes migratrices sont autant d'exemples de
l'interférence du milieu, non seulement sur le mode de vie
et le choix d'une cosmogonie mais aussi sur le destin historique de ces
peuples. Il est donc totalement arbitraire d'établir une
bourse des valeurs culturelles puisqu'il est impossible d'en
définir le référent.
Il n'y a rien de péjoratif
à vivre encore à "l'âge de pierre" en
cette fin de vingtième siècle quand on observe le
comportement de ceux qui prétendent en être
sortis. La conclusion à tirer de tout cela en est simple : Il
n'y a pas de sous-culture.
Les prétendues aptitudes et Sensibilités
particulières.
Combien de fois n'a-t-on pas entendu "
ces gens-là sont étonnement doués pour
ceci ou celà...", assertion tout aussi facilement
retournée, du style ' ils sont fainéants et
voleurs...c'est dans la race. "
Le Tahitien, taxé de
nonchalance et qui n'attache d'importance au travail que pour
l'obtention d'un salaire immédiat et
dépensé dans l'instant pour la satisfaction du
désir, est un être incompréhensible aux
yeux d’une société capitaliste. Pire,
c'est un fou car il lui arrive de quitter son emploi une heure avant la
paie dans une envie soudaine d'échapper au
système.
Il y a des philosophies qui ne
s'écrivent pas ; elles se contentent d'être
vécues.
Les aptitudes remarquables sont le fruit
de savoirs et de pratiques étroitement liées
à des modes de vie induits par la biosphère et
ses évolutions, héritées de
générations en générations
par une transmission continue. Le fait d'observer, dans le temps, au
sein d'une communauté humaine, un savoir-faire
évoquant une éventuelle
spécificité propre à ce groupe
n'induit pas la reconnaissance d'une transmission
génétique.
Doit-on cependant n'admettre que le seul
vecteur éducationnel comme élément
d'acquisition d'un savoir intellectuel ou d'une pratique technologique
? Sommes nous oui ou non porteur d'une mémoire
génétique ? L’a.d.n joue-t-il un
rôle en la matière ?
N'oublions jamais que la science n'est
pas exempte du poids de la culture dominante et, par
conséquent, qu'elle est soumise aux courants
éthiques du moment, lesquels déterminent le "
bien penser " de droite et de gauche. On peut ainsi ne pas vouloir
travailler dans une direction donnée de peur de mettre en
évidence un résultat embarassant.
Quant à la soit-disant
transmission des qualités ou des défauts, outre
qu'ils n'ont pas toujours été définis
d'après les critères actuels, bien malin celui
qui pourrait décerner le titre de rosière
à la civilisation la plus méritante.
Je signale cependant, aux amateurs de
prix de vertu, qu'il existait il y a encore cinquante ans, au sud de la
péninsule Arabique, sur l’ile de Sokotra (trois
cents kilomètres de long sur cent vingt
kilomètres en sa plus grande largeur) une
société particulièrement exemplaire.
Les habitants y parlaient encore une langue sémitique
d'avant la diffusion égémonique de l'arabe.
Protégé par une mer dangereuse et une
pauvreté chronique, ce peuple jouissait d'un
privilège rare : Il ne possèdait aucun mot pour
définir le concept d'arme, pas plus que pour en
désigner une. Alors que le
Sud-Yéménite se pare de sabres et d'armes
à feu de toutes sortes, au point de ressembler à
une armurerie embulante, nulle trace ostentatoire de ce genre sur cette
ile perdue. Mieux, le crime y étant extrèmement
rare, les vieux devaient fouiller dans leur mémoire pour en
évoquer l'histoire. Il faut dire aussi que le vole y
était totalement inconnu et qu'on n'y avait de cesse que de
restituer l'objet à celui qui l'avait
égaré.
Racisme et Ethique.
Le racisme, tout comme les
disparités socio-économiques ne
disparaîtra que s'il y a volonté de
définir une éthique servie par une politique qui
lui soit cohérente. Mais la morale a-t-elle sa place dans la
politique des états ? Quant aux religions, elles se sont
discréditées à jamais, soit
directement, soit par lâcheté,
préférant tenir des comptes mercantils de leurs
nouvelles ouailles en feignant ne rien savoir de ce qu'elles
étaient conduit à couvrir.
A l'échelle individuelle
comme à l'échelle des continents, on assiste
à la confrontation perpétuelle entre
l'indifférence repue et la misère la plus totale.
Notre quotidien est témoin des exclusions, des antipathies
entre jeunes et vieux, de l'opposition homme / femme, enfant / adulte,
intellectuel / manuel, autochtone / émigré. Faute
d'imagination et de générosité
créatrice, la chasse aux coupables est ouverte.
La France profonde qui riait aux
plaisanteries de Colluche ou de Fernand Raynaud a-t-elle
déjà oublié le sketche du boulanger
Portugais immigré, installé dans un de nos
villages, et qui volait, soit disant, le pain des Français ?
" Alors, un jour, il est parti, mais depuis, ...on n'a plus de pain."
Rôle de la Maçonnerie, c'est à dire du
Maçon.
La tâche est à la
fois immense et simple; immense par le nombre de protagonistes qu'elle
implique, simple parce que clairement définie dans les
objectifs de la Maçonnerie Universelle et par les Principes
Directeurs de notre Ordre, en particulier.
La paix civile ne sera garantie
que par la paix sociale au prix de l'équité.
L'équité ne
s'obtiendra que par la disparition de la notion de
solidarité au profit du solidarisme, c'est à dire
d'un développement solidaire et non d'une
réattribution sporadique des biens, consentie pour
dédouanner une société hypocrite.
Après de tels propos, il
n'est guère possible aux Maçons de
prétendre au désœuvrement au sein d'une
Loge-Atelier et au cœur de la vie dite profane.
Le Collectif du G.D.U
Suite
du Mois de Septembre
De la Diversité